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Anonymous: rassemblement contre INDECT le 1er juin en France

31 Mai 2013 , Rédigé par nicko

Anonymous:  rassemblement contre INDECT le 1er juin en France

Anonymous est contre le projet européen, INDECT, qui vise à renforcer le contrôle de chacun lors de nos déplacements dans la rue mais aussi lors de tous nos faits et gestes sur Internet. Ce projet prévoit notamment d'automatiser la reconnaissance faciale et la détection de comportements humains douteux grâce à la vidéo surveillance. Pour certains groupes, il s'agit d'une atteinte à la vie privée qui finirait par ne plus exister. C'est pour cela qu'il y a quelques temps, Anonymous vous expliquait comment éviter la reconnaissance faciale grâce à des méthodes simples. Maintenant, le groupe contestataire connu pour ses piratages de sites sensibles, a lancé un appel à la manifestation pour protester contre une Europe surprotégée. La date du 1er juin 2013 a été fixée avec pour lieu de rendez-vous la Place de la Bastille. Voir le site anonopsparis

Anonymous:  rassemblement contre INDECT le 1er juin en France

Les Anonymous nantais se rassembleront à 15 heures contre INDECT sur la place de Bretagne, devant la tour du même nom (tram L3).

Voici pourquoi, Le partis pirate rejoindra les manifestations initiées par les Anonymous, le samedi 1er Juin, sous le nom d’opération #OpBigBrother .

Ces enjeux sont à la fois locaux et européens. Ils ont pour véhicule : l’indémodable vidéosurveillance, le très européen INDECT et l’américain TAFTA.

Chacun d’entre eux représente une menace précise parce que dotée d’outils bien réels.

Les menaces sur les libertés civiques et la vie privée sont aujourd’hui tangibles. La classe politique introduit chaque jour de nouveaux textes et de nouveaux dispositifs de surveillance qui loin de protéger les citoyens peuvent grandement nuire à la sécurité que ces dispositions prétendent renforcer, en raison de leur inefficatité et de leurs coûts qui grèvent les finances publiques au détriment de dispositifs efficaces moins liberticides.

La vidéosurveillance : un mirage sécuritaire doublé d’un naufrage financier !

Selon un rapport de la Cour des comptes de 2011, en France la vidéosurveillance présente un vice rédhibitoire : elle dévore le budget du fond interministériel de prévention de la délinquance. 60% du budget en 2011 selon la Cour des comptes.

Comment ?

Simple : comptez 36 600 € pour l’installation d’une caméra (coût moyen pondéré) auquel il vous faudra ajouter 7 400 € de frais de fonctionnements par an ET par caméra, toujours selon les hauts magistrats. Devant l’impossibilité d’assumer de telles dépenses récurrentes de nombreuses caméras sont laissées à l’abandon. Elles ne serviraient qu’à faire peur (?) "Cela fait cher l’épouvantail" me confiait un ami cultivateur !

Alors que les effectifs policiers sont drastiquement réduits nous assistons à la substitution de la protection directe d’un policier par la "surveillance" d’une caméra et d’un ordinateur or les machines ne peuvent pas interpeller un contrevenant. En outre, leur "vision" est sujette à caution comme le prouve régulièrement, devant les tribunaux, le logiciel Tungstène appelé en renfort pour éviter les erreurs d’interprétation des images enregistrées par ces mêmes caméras de surveillance.

L’inefficacité de la vidéosurveillance augmente soit qu’elle soit confiée à des mains inexpérimentées, soit qu’elle soit détournée de son but, dans une optique clairement clientéliste, pour protéger des zones centrales, abusivement considérées comme prioritaires (très différentes des ZUP…), au détriment de la politique de sécurité globale de l’espace urbain et péri-urbain.

L’exemple parisien

Paris a initié en 2009 un plan de vidéosurveillance capable de réveiller feu George Orwell. Le coût de maintien total, par an, s’éléverait 9,5 millions d’euros. Dans le même temps, selon madame El Khomri, citée dans Le Monde, les édiles rognaient les effectifs des forces de police : "Nous apprenons qu’il y aura 400 policiers en moins à Paris".

Un calcul électoraliste à la petite semaine

Dans un tel contexte, quel serait donc le coût de la proposition de Pierre-Yves Bournazel, candidat aux primaires UMP, qui souhaite l’installation de 1000 caméras supplémentaires ?

Le plan précédent adopté en 2010 par le PS, le PRG, le MRC, l’UMP, le Nouveau Centre et le Modem, destiné à porter le nombre de caméras à 1105 dans Paris, nous aide à le comprendre. Le coût du dispositif du candidat Bournazel, sur la base des chiffres de la Cour des comptes (cf ci-dessus), serait en hausse de 50%, pour un total d’environ 15 millions d’euros par an. Cela représente de quoi rémunérer près de 400 policiers municipaux. CQFD !

Un gabegie en terme de finances locales

Sur les 300 millions des impôts locaux qui financent la préfecture de police, 20% serviraient à financer cette vidéosurveillance, sans aucun gage d’efficacité. À titre de comparaison édifiante, Nice, ville championne toute catégorie de la vidéosurveillance, le chiffre est de 0,24 interpellation par caméra et par an.

Rappelons alors que le nombre de policiers sur le terrain à Paris a chuté de 10% en 10 ans, entre 1998 et 2008, selon les chiffres du Rapport Bauer de 2010. La responsabilité en incombe autant à la Droitre qu’à la Gauche.

Aussi, les Parisiens seront-ils ravis d’apprendre que "notre" calcul néglige les revenus potentiels tirés de la vidéosurveillance grâce aux amendes pour franchissements de feux rouge, circulation dans les voies réservées (couloirs de bus) ou stationnements gênants ou dangereux. Ainsi comprendront-ils qu’ils sont sensés payer une deuxième fois un dispositif plus que douteux.

La logique de surveillance généralisée a donc un coût économique faramineux pour des effets indémontrés sur la criminalité, et liberticides pour les honnêtes citoyens.

Les sécurité des citoyens sacrifiée à l’intérêt oligarchique

La question de la logique même de la surveillance à outrance se pose quand on constate que la majorité des crimes les plus abjects sont commis dans la sphère privée, et non dans l’espace public. Faut-il pour autant surveiller nos chambres à coucher ? Non. Nous avons tous le droit d’avoir des secrets ; notre opinion politique compte parmi ces "secrets" dont la constitution nous garantit la jouissance et… la protection.

L’excès sécuritaire mène à la destruction des libertés.

L’excès sécuritaire ne sert que l’électoralisme des partis dits "de gouvernement", le dévoiement de la surveillance à des fins politiques, et les intérêts de l’industrie de la surveillance, générateurs de conflits d’intérêts potentiels, quand il ne s’agit pas de prises illégales d’intérêts.

En raison de son coût global : acquisition et maintenance, le rapport efficacité/prix de la vidéosurveillance, en dehors des lieux clos, est nettement défavorable à son développement. Cette aberration économique avérée est rapprocher de l’état de délabrement des commissariats, et la réduction des moyens humains et matériels qui grève la capacité d’action des forces de l’ordre.

Ce gâchis est réalisé contre l’intérêt général, alors que l’Etat cherche à réaliser des économies. Au nom du sentiment d’insécurité nourri par les médias qui en tirent profit, la surveillance semble un remède qui s’avère être au final un poison économique et démocratique.

INDECT : le projet financé par la Commission Européenne

L’idée directrice est d’aboutir une vidéosurveillance intelligente à l’echelle européenne. Curieuse idée de l’intégration par la désintégration des libertés. Le dispositif projeté disposerait d’autant d’intelligence que nos smartphones qui nuisent déjà à notre vie privée en transmettant à notre insu nos données personnelles à des organismes tiers. Les caméras connectées à (ou par) INDECT seraient utilisées afin de détecter des mouvements suspects. Accouplé au Big Data et à ses bases donnnées, ce genre de projet nous rapproche chaque jour un peu plus de la société telle qu’imaginée dans le film de fiction "Minority Report". Le folklore "Precog" en moins.

Une société dans laquelle la police "prévoirait" les crimes sur la base d’un profilage normatif et interviendrait sur la base de suspicions statistiques ce qui aurait pour conséquence prévisible de la détourner de son action sur les crimes réels sachant que le budget d’INDECT ne développe en rien les effectifs ou les moyens policiers conventionnels.

TAFTA ne fait pas dans la dentelle…

En parallèle, nous devons exiger que la transparence dissipe enfin l’opacité environnant les négociations de l’accord commercial TAFTA. Ce dernier réprésente le "cheval de troie" d’une version actualisée du traité ACTA. Le lobbying des industries du divertissement risque d’aboutir à un renforcement de la protection de la "propriété intellectuelle" à l’aide des dispositifs qui empièteraient largement sur la vie privée des européens. Si le projet TAFTA entend imiter son prédécesseur ACTA, il doit être repoussé comme l’a été ACTA grâce une mobilisation citoyenne intercontinentale, sans précédent sur de tels enjeux.

Des moyens toujours plus nombreux et plus… ludiques pour saper notre vie privée

Les Google glasses, le Big Data, les smartphones (intelligents par définition) recueillent nos données à notre insu ; le taggage, à notre insu encore, de nos dépenses, selon leur type, sur nos comptes bancaires pour établir notre "profil" de consommateur,… constituent une série d’empiétements inacceptables. La liste des atteintes à la vie privée s’allonge chaque jour dans l’indfifférence générale ou presque.

Récemment, la RATP projetait d’utiliser la reconnaissance faciale pour filtrer l’accès à ses infrastructures. Ce projet fut "mystérieusement" désavoué par la hiérarchie devant la levée de boucliers sur les réseaux sociaux. Nous devons continuer de faire entendre nos voix sur ces sujets.

Depuis sa fondation, Le Parti Pirate défend la vie privée. Il entend bien porter la question de la surveillance généralisée dans les débats politiques à l’occasion des élections municipales et européennes.

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